Pour un espace franco – valdo – genevois à visage humain

Propositions relatives au CRFG 2006

En mai 2002, la CEST avait déjà fait un certain nombre de propositions dont plusieurs ont été appliquées (ou se sont imposées). Cette région transfrontalière semble à nouveau subir plus que maîtriser une situation qui évolue rapidement depuis quelques mois. Présente depuis une vingtaine d'années sur cet espace transfrontalier, la CEST veut faire partager sa réflexion et ses propositions.

 

1. Une nouvelle conjoncture

Au niveau politique

La nouvelle législature genevoise, le discours de St Pierre. De nouvelles entités, de nouveaux interlocuteurs impliqués dans les institutions transfrontalières : l'A.R.C., la Région Rhône-Alpes. Mais aussi les Contrats de Développement de Rhône-Alpes (CODRA) et leurs Conseils Locaux de Développement (CLD).

De nouveaux projets, de nouveaux outils

De nouveaux projets, le CEVA, l'autoroute A41 (Genève – Annecy), le projet d'agglomération helvétique, le projet de métropolisation français, un nouvel instrument juridique (l'Accord de Karlsruhe).

Une évolution économique

Des mutations profondes transforment le tissu économique, le secondaire se réduit, le tertiaire prend de l'ampleur, tout le monde veut faire de la haute technologie ou de la biotechnologie.

• Une évolution sociale contrastée.

La progression démographique, la libre circulation des personnes, un marché du travail plus ouvert, une grave crise du logement, la précarité et l'exclusion qui augmentent.

L'atomisation des lieux de décision

Les différentes entités transfrontalières, les commissions et groupes de travail x ou y, les comités de pilotage, un nombre croissant de lieux de décision, coordonnés ou pas.

Une évolution régionale qui accélère le pas.

Une région qui accélère sa mutation, mais un sentiment de confusion se fait jour. Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Les responsables des diverses entités politiques de cette région transfrontalière sont-ils d'accord sur le sens à donner au développement de ce territoire ?

 

2. Promouvoir une idée centrale : le développement durable

La population de la région franco – valdo – genevoise (la région) n'a pas véritablement d'identité commune au sens où une langue (le catalan, le basque…), une caractéristique ethnique ou un fort vécu historique commun donne aux habitants le sentiment d'appartenance à une communauté, un "peuple", une "nation". C'est un constat, la conscience d'appartenir à un ensemble, même géographique est particulièrement faible. Il n'y a pas vraiment de "régionalisme transfrontalier" franco – valdo - genevois.

 

En l'absence de tels éléments historiques, sociologiques ou culturels "unificateurs" déjà existants, la conscience d'un destin commun peut aussi venir des défis (la région n'en manque pas) que doivent affronter les habitants d'un même espace. La conscience d'un destin commun peut naître d'un projet régional commun. Un projet marqué par des caractéristiques. culturelles, sociales, économiques, environnementales telles que, quel que soit le côté de la frontière où elle se situe, la population dans son ensemble serait gagnante en termes de conditions et de cadre de vie. Les inégalités, la précarité et les phénomènes d'exclusion sont, a contrario, des éléments destructeurs, des facteurs de repli et de tensions susceptibles d'empêcher à la construction de cette région.

A défaut d'un "Pacte" fédérateur ou d'une "Constitution", il est nécessaire que les responsables politiques, administratifs, sociaux et économiques soient d'accord de construire cette région selon une idée forte qui va guider leur action. La CEST propose que cette idée forte, cet axe de travail, soit le "Développement durable" et ses implications. Il n'est pas inconcevable que le Comité plénier du CRFG s'accorde à ce sujet et en fasse une ligne de travail pour ses diverses instances. On sait l'importance de la reconnaissance internationale du niveau de qualité de vie d'une cité qui se veut attractive.

 

3. Un CRFG rénové

L'évolution de la région a besoin d'un organe faîtier plus fort et plus démocratique. Plus démocratique par une meilleure représentation des organisations de la société civile dans ses deux délégations et ses divers organes de travail.

  • Secrétariat permanent commun; budget de fonctionnement commun;
  • Réunion périodique (au moins tous les deux ans) de tous les participants aux différentes instances et entités transfrontalières pour bilan et axes de travail à venir dans les différents espaces de travail.
  • Amélioration de l'efficacité du travail (rythme de travail, préparation des réunions); les tableaux de bord avec échéancier mis en place à la Commission "Economie, emploi et formation professionnelle" sont à étendre.

 avril 2006

 

 

La définition classique du développement durable provient du Rapport Brundtland : « Le développement durable est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité, et l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir ».