1ère prise de position de la CEST et du CLE

27 janvier 2011

Le schéma directeur de l'agglo (SA2) a été présenté à la société civile le 10 décembre 2010. 

  • pour Genève : à la CAT (Commission consultative de l'aménagement du territoire)
  • pour le Genevois français : devant le CLD (Conseil local de développement)
  • Pour Nyon, le forum nyonnais

Il n'est pas possible de commenter le contenu (devoir de réserve!). Disons simplement que la CEST et le CLE sont très déçus du projet présenté.

 

Le SA2 sert de base,

Dialogue social

La CEST et le CLE comprennent mal la nouvelle orientation du projet d’agglomération, l’absence quasi totale de concertation. En effet, la concertation est oubliée… et l’information se fait dans le cadre d’instances liées par un devoir de réserve (à Genève, la CAT). La présentation dans les CLD est minimaliste.

Cette manière de faire risque d’être hautement dommageable pour l’acceptation du projet. Au lieu de diminuer, le dialogue social devrait au contraire s’intensifier et être élargi à la population.

 

Le CLE et la CEST regrettent que le Forum d’agglomération n’ait jamais vu le jour, il fait pourtant partie de la charte acceptée en 2007 (cahier 2).


Les démarches participatives du PA1 avaient suscité un espoir d'ouverture, de changement des manières de faire. Un processus à huis clos créerait une immense déception et équivaudrait à un retour en force des attitudes de méfiance et d'opposition que le PA1 avait réussi à faire évoluer.

 

La CEST et le CLE ont bien noté sur la diapo « planning schéma d’agglo 2 - 2011 » présentée au CLD le 10 décembre dernier qu’il est prévu une « consultation ? » en juin. Cela nous paraît nettement insuffisant.

 

Est-ce à dire que les Genevois auront l’interdiction d’en parler publiquement avant juin, sous peine de poursuite pénale (devoir de réserve de la CAT) !?

 

La CEST et le CLE constatent que le refus d’inclure les PAC (Cherpines, MICA, Meyrin, La Chapelle, PAV etc) dans la réflexion globale et l’absence de dialogue social sur ces objets conduisent à des blocages  successifs, mais malheureusement prévisibles.

 

La concertation en cours à propos d’un dossier complexe et controversé comme celui du PAV montre que c’est pourtant possible.

Fuite en avant !

Le constat que faisaient le CLE et la CEST dans leur Livre vert en 2007 reste malheureusement toujours d’actualité :

(…) on voit se constituer une société à deux vitesses. Cette constatation

concerne les deux côtés de la frontière. Elle recouvre l’économie et l’emploi, mais aussi le logement, la formation, la culture, l’environnement et la santé.

 

Le contexte actuel ressemble à une fuite en avant: accroissement des inégalités, gaspillage des ressources naturelles, prévisions de +100'000 emplois et +200'000 habitants... Il est donc nécessaire de modifier les logiques économiques, pour assurer des emplois accessibles non seulement aux travailleurs très compétitifs, mais aussi aux personnes moins qualifiées. Dans le contexte de développement durable que nous appelons de nos voeux, il est indispensable que l'économie soit mise au service de la population.. (…)

 

Une réflexion et remise en cause du type de développement favorisé par le canton de Genève s’impose d’urgence, par exemple avec un développement plus endogène et moins orienté vers l’attirance d’entreprises en recherche d’avantages majoritairement fiscaux.

 

Contrairement aux engagements pris en 2007, Genève ne produit toujours pas de logements en nombre suffisant pour loger sa population, tout en attirant toujours plus d'activités.

Et aucune mesure ne paraît engagée pour que le rythme de production de logements s'intensifie les années à venir.


Résultat : le mécanisme ségrégatif s'intensifie et devient de plus en plus dur.

Les prix du logement explosent, la protection des locataires s'affaiblit (cas d'évictions tous les jours dans la presse), les logements changent de mains et de niveau de loyer, les classes moyennes sont chassées du canton et vont habiter en France voisine, où le même mécanisme se reproduit de proche en proche sur un bassin qui continue de s'étendre (cas d'un salarié de St-Julien qui habite Chambéry faute de trouver à se loger à un prix en rapport avec son salaire), ce qui génère toujours plus de déplacements etc.