Précarité et aide sociale

Constat

Le taux de pauvreté

En Suisse, le taux de pauvreté des 20 à 59 ans atteignait 9% en 2006 (9,1 % en 2000), ce qui représente environ 380'000 personnes, soit une personne sur 11 dans ce groupe de population. Le taux de travailleurs pauvres (working poor) atteignait 4,5% en 2006, contre 5% en 2000.

En France, actuellement 7,1 millions de personnes ou 12,1% de la population vivent sous le seuil de pauvreté, fixé à 817 euros de revenu par mois en 2005. L'objectif est de ramener ce chiffre sous la barre des 4,7 millions d'ici à 2012.

 

Quelques aspects de l'aide sociale privée à Genève

Carrefour-Rue

L'association Carrefour-Rue gère notamment la Coulou, au centre-ville, un lieu d'accueil et d'hébergement pour personnes démunies. En 2006, on y a servi 6'570 petits-déjeuners et 7'650 repas. On y a compté 6'570 nuitées. Les Jardins de Montbrillant, derrière la gare Cornavin, sont un autre lieu d'accueil et de rencontres. Environ 120 personnes y passent chaque jour et on y a servi environ 36'000 repas en 2006.

Les épiceries Caritas

Depuis son ouverture en mai 2000, la première épicerie a vu sa fréquentation croître sans interruption. Entre 2001 et 2006, la clientèle a plus que doublé. Le volume des ventes est passé de CHF 90'000.- à CHF 230'000.-. Plus de 4'500 personnes y passent chaque mois. Une deuxième épicerie a d’ailleurs été ouverte en décembre 2007.

Le Centre social protestant

En 2007, ce centre a traité 327 dossiers pour dettes (340 en 2006 et 313 en 2005). Ses juristes ont effectué 1'300 consultations  (1'400 en 2006 et 1'200 en 2005). Toujours en 2007, le vestiaire social (cogéré avec Caritas) a permis d'habiller 3'111 personnes (3'157 en 2006.

Le CARÉ

En 2007, le CARÉ a servi environ 36'200 repas et fourni de la nourriture à emporter pour un équivalent d'environ 25'000 repas.

 

Quelques aspects de l'aide sociale privée en Haute-Savoie

Secours catholique

En 2006, la délégation de Haute-Savoie a accueilli 1580 personnes. Environ 21% sont des demandeurs d'asile, 45% sont des personnes seules, 70,3% ont entre 25 et 49 ans, 25,5% ont un emploi, 63,9% ont un logement précaire et 58% ont des factures impayées, 19% n'ont aucune ressource et 26% proviennent uniquement de transferts sociaux.

Communauté d'Emmaüs de Cranves-Sales/Annemasse

La Communauté a une capacité d'accueil de 37 personnes. En 2007 elle a connu 65 entrées et 70 sorties de compagnons. Les séjours de moins de trois mois sont les plus nombreux (50). la moyenne d'âge est de 47 ans. Elle a reçu 10 requérants d'asile.

 

L'aide sociale publique dans le canton de Genève

Hospice général – Revenu minimum cantonal d'aide sociale (RMCAS)

A Genève, l'aide sociale publique est dispensée par l'Hospice général pour l’ensemble du canton. Pour le seul RMCAS, qui est l'une des formes d'aide sociale, le nombre de bénéficiaires était de 1'659 à la fin décembre 2005, de 2'519 un an plus tard et de 2'464 à la fin 2007. Répartition des demandeurs d'aide financière (assistance publique et RMCAS): 22,8% de Genevois, 30,2% de Confédérés et 47% d'Etrangers ; 52% d’hommes et 48% de femmes. Par tranche d'âge: 11,3% ont moins de 25 ans, 37,3% ont entre 25 et 39 ans, 27,4% ont entre 40 et 49 ans et 24,1% ont plus de 50 ans. Selon l'état civil : 41% sont célibataire, 20,9% sont divorcé(e), 21,9% sont marié(e), 15,2% sont séparé/es judiciairement et 1% sont veuf(ve).

 

L'aide sociale publique en France

Le rapport 2007-2008 de l'Observatoire national de la pauvreté et de l'exclusion sociale note que la pauvreté monétaire est stable, mais que la situation financière relative des plus pauvres s'aggrave. Le taux de pauvreté en conditions de vie continue de diminuer légèrement. Le nombre d'allocataires de minima sociaux s'est stabilisé : il est passé de 3'512'900 personnes en 2005 à 3'503'900 en 2006. Les allocataires du revenu minimum d'insertion sont passés de 1'289'500 personnes en 2005 à 1'278'800 en 2006, soit une réduction de 0,8%.

 

Enjeux

Les politiques fiscales, économiques et sociales mises en œuvre ont des effets certains dans l'émergence d'une nouvelle frontière: celle qui sépare les nantis des démunis. Il est important de prendre des mesures pour éviter les entrées en pauvreté et pour en multiplier les possibilités de sortie. Les politiques publiques les plus efficaces sont celles qui s'attaquent aux causes; elles sont à privilégier par rapport à celles qui veulent uniquement en réprimer les effets (principe de prévention).

Le développement des inégalités, de la pauvreté, de la précarité et de l'exclusion, sont des réalités particulièrement choquantes dans cette agglomération riche qui revendique une tradition humaniste et qui abrite de nombreuses institutions internationales qui ont pour tâche de protéger les populations les moins favorisées à travers le monde.

 

Propositions du Livre vert CLE – CEST

 

«Non à une région à deux vitesses»

- Parmi les buts principaux du projet d'agglomération, on devra trouver le renforcement de la cohésion sociale et la lutte contre la précarité et l'exclusion.

- Afin de renforcer la cohésion sociale, nous proposons de réaliser un état des lieux concernant les phénomènes de précarité et d'exclusion dans l'agglomération. Pour ce faire, il faudra disposer d'une base de données statistiques et institutionnelles, mise à jour régulièrement.