Salaires et revenus

Constat

Le revenu disponible

Malgré des revenus de transfert généreux, le canton de Genève affiche le revenu librement disponible par ménage le plus bas de Suisse en raison d’une charge fiscale supérieure à la moyenne, du coût élevé du logement et des primes d’assurance-maladie les plus chères du pays (Crédit Suisse, juin 2006).

 

Les salaires

Salaires médians

Le salaire médian est tel qu'une moitié d'une population donnée en touche davantage et l'autre moitié en touche moins. En 2006, le salaire mensuel brut médian versé par les entreprises actives dans le canton de Genève atteint 6'350 CHF pour 40 heures de travail par semaine. Ce montant est de 13% plus élevé que dans l'ensemble de la Suisse où il s'établit à 5'627 francs. Le salaire médian à Genève était de CHF 5'714 en 2000, CHF 6'062 en 2002 et CHF 6'219 en 2004. Entre 2000 et 2006, la hausse du salaire médian genevois est de 11%.

 

Les écarts de salaires

En 2004, Genève est le canton suisse où l'écart entre les 10% de salaires les plus bas (3'928 CHF) et les 10% de salaires les plus élevés (12'381 CHF) est le plus marqué. Le rapport est de 3,15. Il est de 2,85 à Zurich et de 2,65 pour l’ensemble de la Suisse. L'évolution  des salaires et de leurs déterminants en Suisse de 1994 à 2004 montre que les écarts entre les bas et les hauts revenus se sont creusés au cours de cette période. Les différences brutes de salaires entre hommes et femmes sont en moyenne de 20% en Suisse, allant d'un minimum de 9% à Genève jusqu’à 24% dans l’est de la Suisse (canton de Saint-Gall). Des différences importantes existent selon la branche économique, par exemple entre la banque et la construction.

Le salaire médian des femmes est de 8% inférieur à celui des hommes à Genève et de 19% à l'échelon national.

(OCSTAT, Communications statistiques no 34, Les salaires en Suisse et dans les cantons, de 1994 à 2004, Genève, octobre 2007)

(OCSTAT, Communiqué de presse du 10/01/08 "Les hauts salaires genevois gonflés par les bonus en 2006)

 

Les bas salaires

Si on définit comme "bas salaire" tout revenu inférieur aux 2/3 du salaire médian (soit 4'233 CHF), la proportion de bas salaires dans le canton de Genève est de 15,9% en 2006, soit un effectif d'environ 25'400 personnes sur 160'000 postes de salariés recensés dans le secteur privé genevois cette année-là. Entre 2000 et 2006 on observe une légère tendance à la hausse: la proportion de bas salaires est passée de 15,1% à 15,9%. La nette progression du salaire médian n'a donc pas été assortie d'une réduction des bas salaires.

(OCSTAT - Résultats statistiques - Les bas salaires dans le canton de Genève – Janvier 2008)

 

Les salaires en France

En 2005, le salaire net annuel moyen pour un emploi à temps complet dans le secteur privé et semi-public s'élève à 22'842 euros pour l'ensemble Métropole et départements d'outre-mer et à 22'882 euros pour la seule France métropolitaine. En métropole, le salaire annuel moyen des cadres est de 45'326 euros, il est de 23'117 euros pour les professions intermédiaires, 16'074 euros pour les employéEs et 16'917 euros pour les ouvriers. En comparaison nationale, les salaires sont relativement élevés en Rhône-Alpes, où ils sont en moyenne de 22'000 euros, soit 42'132 euros pour les cadres, 22'937 euros pour les professions intermédiaires, 15'965 euros pour les employés et 17'118 euros pour les ouvriers.

(Les salaires en France, INSEE – Le Monde, édition 2007)

 

Les écarts de salaires

En 2006, l'écart de salaire entre les 10% de salaires les plus bas payés par les entreprises du secteur privé (1'060 euros) et les 10% de salaires les plus élevés (3'084 euros) était de 2,9 sur l’ensemble du territoire français. Les femmes travaillant à temps complet perçoivent un salaire moyen inférieur de 18,9% à celui des hommes.

 

Enjeux

 

La comparaison des salaires n'est pas évidente dans l'agglomération

Le montant des salaires dans une même profession de part et d'autre de la frontière, même après avoir appliqué le taux de change, ne permet pas de comparer les rémunérations; il est nécessaire de tenir compte d'autres paramètres comme les aides ou les charges sociales, les salaires différés, les prélèvement fiscaux, et d’autres éléments qui vont déterminer le véritable "pouvoir d'achat" du salaire.

Pour cela, il existe un «Standard de pouvoir d'achat» (SPA) qui est une unité monétaire artificielle qui sert de référence et qui permet d'éliminer les différences de niveau de prix entre les pays. Un SPA permet donc d'acheter le même volume de biens ou de services dans tous les pays. Il serait intéressant de pouvoir disposer d'un tel outil dans l'agglomération.

Par ailleurs, il faut relever qu’un salaire qui ne permet pas de subvenir à ses besoins constitue un facteur de risque majeur pour entrer dans la précarité.

 

Propositions du Livre vert CLE – CEST

 

- Calculer et publier à intervalles réguliers la répartition des revenus dans l'agglomération au moyen de l'indice de Gini. L’indice ou le coefficient de Gini est une mesure du degré d'inégalité de la distribution des revenus dans une société, développée par le statisticien italien Corrado Gini. Cet indice varie de 0 (égalité parfaite où tout le monde a le même revenu) à 1 (tout le revenu est accaparé par une seule personne). En pratique, les indices varient d’environ 0.25 au Japon à 0.71 en Namibie. En Suisse et en France, l’indice évolue autour de 0.30 à 0.34 environ (source: Wikipédia).